Petite Cité de Caractère et l'un des Plus Beaux Villages de France
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Toponymie de lieux

Des noms de lieux du village nous sont familiers, mais quelle est leur origine ?

Ils ont été donnés depuis fort longtemps, et retracent souvent l’histoire ancienne, voire très lointaine de la Cité. En voici quelques exemples.        

  • « Les Granges » Tout château féodal possédait son moulin banal (c’était le Grand Moulin, dont l’origine remonte au XIe siècle) ; le four banal (il reste la rue du four) ; les Granges, (Les granges seigneuriales étaient donc à cet endroit, sur la route de Torcé), qui abritaient le grain versé comme impôt au seigneur par les paysans, et le pigeonnier, signe de pouvoir…et récoltes de fientes pour le potager du seigneur ! Le pigeonnier se situait près du Pont Perrin, dans le petit bois situé près de « La Fuie », sur la rive gauche de l’Erve.
  • « La Saugère » Le sauger était une sorte de poirier sauvage, ainsi nommé parce les feuilles rappellent par leur viscosité blanchâtre, celle de la sauge commune (Littré).Le fruit était assez gros, On pouvait en faire du cidre (du poiré), mais on ne pouvait manger cette poire que lorsqu’ elle était  blette ; elle ressemblait un peu à la nèfle.
  • La sauge est aussi cette plante aromatique qui a deux variétés : la sauge à larges feuilles ou grande sauge, et la sauge à petites feuilles, ou petite sauge, ou thé de France. Je pencherai pour la première hypothèse, car  le cidre et le poiré ont été fabriqués de tous temps dans notre région.
  • « Les Charrières » Une charrière est la voie par où passe une charrette. Elle est donc plus large que le chemin, (autrefois appelé « erre »), dont la largeur permet simplement le passage d’un homme ou d’un cheval. Une charrière est aussi une allée d’exploitation dans un bois, ce qui revient à l’idée exprimée ci-dessus : sa largeur permet le passage d’un charroi. C’est aussi un droit de passage pour charrettes par le champ d’un propriétaire, pour desservir un autre champ auquel aucun chemin n’accède.
  • « Les Courtilleries » Le chemin des Courtilleries réunit le hameau du Pont-Neuf à celui du Gohard. Un courtil est un petit jardin attenant à une maison paysanne. Les Courtilleries étaient donc l’ensemble de ces petits jardins situés autour des maisons.
  • « La Touche-Piquet » ou les Touches, sont des lieux où l’on arrive en montant, et où il est nécessaire de toucher (fouetter, activer) les bêtes de trait pour arriver au haut de la côte.
  • « Le Mesnil » est aussi un vieux mot français qui signifie habitation (du latin manere, habiter).
  • « Les Essarts » Un essart est un champ en friche et couvert de bois, qui est défriché et prêt à être mis en culture. Un essartage est aussi un mode d’exploitation des bois, et qui se pratique en arrachant toutes les plantes qui couvrent le sol, en écobuant (brûlant) ensuite, et en cultivant pendant deux ou trois ans, pour essarter de nouveau après quinze ou dix-huit ans (Littré).
  • « Les Noës », comme le nom du moulin situé sur la route de Chammes, ou celui situé à La Rivière. Les Noës sont des terres sourceuses ou mouillées (même famille que noue ou noc).
  • « La Patache », ancien moulin situé sur l’Erve après « La Poupinière » (route de Chammes), doit peut-être son nom au bâtiment construit près des rivières pour la perception des droits sur les marchandises, et qui s’appelait une patache. La patache était aussi une voiture de transport non suspendue et coûtant peu. Que faut-il choisir ?
  • « Le Plessis » est un lieu où existe une clôture formée de plesses, c’est -à -dire de branches entrelacées. (du latin plectere, plier). Initialement, la  plesse est une branche de haie ramenée vers le centre de la clôture pour la fortifier (Littré).
  • « Ambriers » est ce hameau situé route de Voutré, et qui est situé à la jonction de l’Erve et du ruisseau de Bouillé. Ce mot est composé de amb- (les deux) et –rières pour rivières. Ainsi la ville d’Ambrières est située au confluent de la Varenne avec la Mayenne.
  • « La Madeleine », était un lieu, (tout comme la Maladrerie route des Poteaux), toujours situé à l’écart du village, où l’on soignait les malades contagieux comme les lépreux.
  • « Le Pont-Perrin » est une déformation de « pont perré », car un revêtement en pierre  protégeait les abords du pont et empêchait l’eau de les dégrader (Littré). A Sainte-Suzanne tous les ponts ont été construits à l’emplacement de passages de gués très anciens (comme le Pont Perrin, le Pont Neuf, le pont des Choiseaux, ceux du Gohard et de l’Aubépin). 
  • « La Poterne » est un terme médiéval : c’est une porte  placé ordinairement dans l’angle du flanc ou de la courtine pour effectuer des sorties secrètes (du latin posterula signifiant sentier dérobé). La poterne est donc l’ancien nom de la Porte de Fer (ainsi nommé car elle pouvait être fermée par une herse). Le nom fut ensuite donné à l’ensemble de la promenade.
  • « Le Grand Moulin » est l’ancien moulin banal implanté dès le XIe siècle. Il s’agissait au départ d’un moulin construit en bois, et agrandi au fil du temps, pour devenir un  grand  moulin, dans la mesure où il avait, comme le Moulin de Thévalles, trois paires de meules, et non deux comme souvent. Il ne reste que deux paires de meules, mais l’emplacement de la troisième est nettement visible. Deux moulins existaient à Ste-Suzanne au XIe siècle, l’un habité par Cojus, et l’autre par Hodéard. Tous les autres ont été construits ensuite, mais surtout du XIIe au  XVI e siècle.  
  • « La Charnie » Du nom latin Carnicensis pagus. En l’an 838, la forêt s’appelait carneta sylva ou sylva carnida, ou simplement Carnea. En 1050, la forêt se nomme Charnia. Quelle en est la signification ? Le Docteur Charles Nory, dans son livre paru en 1888 « Notices historiques sur la ville de Sainte-Suzanne », écrit : « Le mot carneia ou ses dérivés (carnea, carnida, carneta…) est fréquent dans les pays de l’ancienne Celtique, en Angleterre et en France. On lui donne plusieurs significations. Il semble qu’on y voit ordinairement une idée de consécration comme on le trouve à Carnac, en Bretagne, dans le pays chartrain, les Carnutes ».  Le dictionnaire Littré signale que ce mot pourrait se  rapprocher du mot celtique cair signifiant pierre et ayant donné carrière, cairn, (monticule de pierres élevé par les Celtes en Bretagne). Le mot latin quadratarius signifiait tailleur de pierres. On peut pencher pour cette réponse, quand on connaît l’exploitation importante des pierres en Charnie (carrières du Tertre Ganne, à Torcé-Viviers) pour la fabrication des pavés à la fin du XIXe siècle
  • La Saltière est cette source qui coule régulièrement sur la rive gauche de l’Erve, au pied du Tertre Ganne. Son nom vient du latin « saltare », qui signifie sauter, (de la même famille que sauterelle.) C’est à rapprocher du verbe saillir, qui signifie sortir avec impétuosité en parlant d’un liquide, et qui se rapproche de jaillir.
  • « La Butte aux poulies », située derrière la tannerie du Grand Moulin. Au moyen Âge, « poulier » signifiait « étendre pour faire sécher » (Littré). La poulie était le lieu où l’on faisait sécher les cuirs après traitement dans la tannerie (ou les étoffes près des moulins à foulon). Regardez bien les cartes postales du début du XXe siècle présentant la tannerie du Gd Moulin, et vous y verrez les cuirs en cours de séchage…Le nom actuel de « butte aux petites poulies » est erroné.
  • « Le Ravelin », c’est l’ancienne maison Pavy située juste avant la Porte du Guichet. N’oublions pas le passé médiéval de la cité : un ravelin est un terme de fortification (Littré). C’est une plateforme permettant d’y placer des canons, et située en défense d’une entrée importante. Le Ravelin protégeait ainsi le pont-levis. Quant au guichet, c’était une petite porte dans une plus grande (celle du pont-levis), comme l’actuelle porte du château. La Maison Pavy a donc été construite sur cette plateforme, dont les murs mesurent plus d’un mètre d’épaisseur.
  • « La Taconnière »  Taconner  est un terme de typographie : c’est  frapper ou donner quelques coups de pointe pour niveler  (radical tac, signifiant pointe -Littré). La route de Montsûrs est en pente, avec le roc parfois à fleur (qu’il fallait travailler au burin), et a forcément nécessité un travail de nivelage pour l’implantation des maisons. La rue du « petit rocher »  n’est pas loin, et l’emplacement de l’ancien atelier de M. Marcel Tellier était une ancienne carrière en 1900, et qui servit ensuite de dépotoir.